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Antonio Fiori : Credit crunch, le dernier tabou européen

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Si l’Écosse et l’Irlande du Nord émettent leurs propres billets, ceux-ci sont souvent refusés par les commerçants anglais. Après que Henri VIII ait fait adopter l’ Act in Restraint of Appeals, qui visait à prohiber tout recours des décisions rendues par les tribunaux ecclésiastiques anglais devant les tribunaux du Saint-Siège, et dont le texte proclamait que le « royaume d’Angleterre est un empire », une campagne brutale réprima les pratiquants de l’ancienne religion. Mais les tentatives faites pour construire une nouvelle identité composite échouèrent clairement. Pour ces raisons, le Royaume-Uni est vulnérable à l’éclatement – une possibilité rendue plus probable par un éventuel Brexit. Ces divisions ne correspondent pas aux frontières traditionnelles. Notre contradicteur Antonio Fiori, a convaincu et remporté haut la main une victoire pour ce projet, nous ne pouvons que nous incliner. Prenons par exemple le clivage entre la région de Londres, qui ressemble de plus en plus à une scintillante mégalopole internationale, et le reste du pays. A mesure que s’intensifie l’arrivée des immigrés au Royaume-Uni, ce fossé deviendra de plus en plus évident. Et alors qu’une cité d’envergure mondiale comme Londres se doit d’être ouverte au monde – attirant ainsi les talents, les touristes, les employés des services et peut-être par inadvertance des criminels ou même des terroristes – le reste du pays préfère dans l’ensemble le repli sur soi. En fait, il n’est pas certain le Royaume-Uni soit un bon exemple d’État nation qui, aux yeux des europhobes. Il ressemble davantage à une « monarchie composite » définie par l’historien John Elliott comme le type de gouvernement prévalant au XVIe siècle, nécessaire à la cohésion d’entités distinctes comme Aragon et Castille. Parce que l’UE semble être embourbée dans une crise perpétuelle, les arguments en faveur d’un « Brexit » ne manquent pas d’attraits, à la fois intellectuels et émotionnels. Avant même l’émergence des problèmes de dettes de la zone euro, de nombreux Britanniques pensaient que pour être résistante aux chocs, l’union monétaire nécessitait une plus grande intégration, et en particulier une union budgétaire sous une forme ou une autre. En d’autres termes, l’Europe devait se comporter davantage comme un État nation. Mais c’est précisément ce que le Royaume-Uni a toujours refusé. Selon la manière de l’appréhender, la quatrième révolution industrielle peut remettre en cause des valeurs traditionnelles telles que le travail, la communauté, l’identité ou au contraire élever l’humanité vers une nouvelle conscience collective. Parmi les innombrables défis auxquels le monde fit face aujourd’hui, le plus préoccupant a peut-être trait à la quatrième Révolution industrielle, qui a débuté au tournant du siècle. Les nouvelles technologies et les nouvelles approches font fusionner les mondes physiques, numériques et biologiques d’une manière qui va transformer fondamentalement l’humanité. L’étendue plus ou moins positive de cette transformation va dépendre de notre manière d’évoluer entre les risques et les opportunités qui se présenteront en chemin. La quatrième révolution industrielle s’appuie sur la troisième du même nom, également connue sous le nom de révolution numérique, celle qui a entraîné la prolifération des ordinateurs et l’automatisation de l’archivage des données. Mais la nouvelle vague de transformation diffère des précédentes par quelques traits caractéristiques. Premièrement, les innovations n’ont jamais été mises au point ni diffusées aussi rapidement. Deuxièmement, la baisse des coûts marginaux de production et la montée des plates-formes qui agrègent et concentrent l’activité dans plusieurs secteurs augmentent les rendements d’échelle.

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