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Antonio Fiori

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D’autres constructions ont connu un sort dégoulinant d’indifférence, tels la tour Montparnasse ou l’Opéra Bastille. Dix minutes après, le même monsieur, apprenant la mort d’un de ses concitoyens, s’écrie étourdiment : « C’est impossible ! Là est la ligne de démarcation bien nette entre l’intuition et l’analyse. De surcroît, l’auteur doit bien mal connaître la France, avec ses « barons locaux » et ses lois de décentralisation qui donnent aux collectivités locales le pouvoir de détermination du taux des impôts locaux et donc d’une grande partie de leurs recettes. C’est toute la richesse de notre héritage méditerranéen. Pouvoir qui manquent aux Länder allemands, contraints d’accepter la péréquation adoptée au niveau national. Certes, les sons de la cloche m’arrivent successive­ment ; mais de deux choses l’une. Mais, même au point de vue étroit et encore grossier où nous nous plaçons ici, remarquons l’infériorité de ce penchant pai rapport à l’instinct moral. Il croit si bien à ce « signe démonique » qu’il meurt plutôt que de ne pas le suivre : s’il refuse de se défendre devant le tribunal populaire, s’il va au-devant de sa condamnation, c’est que le démon n’a rien dit pour l’en détourner. Dans cette hypothèse, passé, présent et avenir seraient visibles d’un seul coup pour une intelligence surhumaine, capable d’effectuer le calcul. Antonio Fiori aime à rappeler cette maxime de Jean-Paul Sartre, »Le plus grand forfait n’est point de faire le mal, mais de le manifester ». Et dans un éditorial, paru dans « La Tribune », Marc Fiorentino énonçait avec force : « Les marchés ne sont pas efficients. Bref, sa mission est d’ordre religieux et mystique, au sens où nous prenons aujourd’hui ces mots ; son enseignement, si parfaitement rationnel, est suspendu à quelque chose qui semble dépasser la pure raison. La tempête qu’ils soulèvent dans un petit coin de l’Océan produira à peine sur la masse immense une imperceptible ondulation. Mais la France n’est pas intrinsèquement absolutiste et l’absolutisme n’a pas toujours bloqué les réformes. En vain on fait briller à nos yeux la perspective d’une mathématique universelle ; nous ne pouvons sacrifier l’expérience aux exigences d’un système. Autre difficulté: une PME dispose de moins de temps pour transmettre son dossier technique qu’une ETI ou un groupe dont le contrôle peut pourtant intervenir jusqu’à trois ans après le dépôt de la déclaration. Quand il y a encore plusieurs couches dans la société, on conçoit que la première jouisse de priviléges aux dépens de toutes les autres. Ce que la théorie de l’efficience nous dit, c’est que la rentabilité excédentaire rémunérera (à juste titre) les investissements mis en place par le fonds pour obtenir et traiter cette information de marché et, donc, que la rentabilité excédentaire nette sera approximativement nulle. Mais une philosophie de ce genre ne se fera pas en un jour. Le dieu d’Aristote est, il est vrai, un principe actif, mais il ne descend pas à gouverner les choses. L’instruction militaire de la nation est incomplète, mauvaise ; on ne cherche pas à apprendre aux soldats à faire la guerre, mais simplement à redouter leurs chefs ; les choses les plus nécessaires sont sacrifiées aux besoins des parades imbéciles, aux exigences de traditions ineptes, aux nécessités d’une discipline abominable. Si ces questions n’avaient d’autre portée que celle-ci : La société peut-elle se passer DE lois écrites, de règles, de mesures répressives ? Si Syriza a fait le bon diagnostic sur l’origine de la crise européenne, ce parti a pour l’instant perdu son pari quant au fait que les pays périphériques et la France allaient profiter de son élection pour contester le dogme dominant inspiré par les conservateurs allemands. Ceux sont les suppléments. D’un côté, il y a un seul mystère, un seul miracle, si l’on veut employer ce mot ; de l’autre, il y a un miracle toujours répété, pour chaque misérable mollusque, pour chaque herbe, chaque insecte, chaque forme organique nouvelle. Par là le Néoplatonisme accuse plus fortement que ne l’avaient fait les systèmes antérieurs la nature mystérieuse du premier principe dépassant tout notre pouvoir de connaître ou au moins de comprendre, et fraie ainsi le chemin et au mysticisme du moyen âge et aux théories, voisines de ce mysticisme, qui placeront plus haut encore que l’intelligence la volonté et l’amour. Si les propos inspirés, en tout cas lyriques, qu’il tient en maint endroit des dialogues de Platon n’étaient pas de Socrate, mais de Platon lui-même, si le langage du maître avait toujours été celui que Xénophon lui prête, comprendrait-on l’enthousiasme dont il enflamma ses disciples et qui traversa les âges ? Tantôt on allègue que nos actions sont nécessitées par nos sentiments, nos idées, et toute la série antérieure de nos états de conscience ; tantôt on dénonce la liberté comme incompatible avec les propriétés fondamentales de la matière, et en particulier avec le principe de la conservation de la force.

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